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    19 janvier 2017 / Une motion relance le débat sur la prolongation des heures d’ouverture des commerces le samedi

    2017.01.19 - LA LIBERTE / Patrick Pugin

    Législation >> Les Fribourgeois seront certainement appelés, une nouvelle fois, à se prononcer sur la prolongation de l’ouverture des commerces le samedi. Une motion, émanant des députés de la capitale Laurent Dietrich (pdc) et Stéphane Peiry (udc), demande en effet une modification de la loi sur l’exercice du commerce autorisant ceux qui le souhaitent à jouer les prolongations «jusqu’à 17 heures, voire 18 heures». Car, soutiennent les auteurs de la motion, le samedi après-midi est «un moment privilégié» pour faire ses emplettes.

    Fribourg reste l’unique exemple en Suisse où les boutiques baissent le rideau à 16 heures ce jour-là (voir infographie). «Beaucoup de commerçants se plaignent de voir les Fribourgeois aller faire leurs courses à l’extérieur des frontières du canton», rapporte Stéphane Peiry, pour qui cet exode pèse sur le chiffre d’affaires des enseignes noir et blanc. «En ville de Fribourg, ce secteur d’activité est à la peine», poursuit l’élu. Pour lui, une extension des heures d’ouverture apportera un bol d’air aux magasins qui subissent déjà la concurrence des plateformes de commerce en ligne, ouvertes 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

    Un point faible

    La motion est plus que bien accueillie par Trade Fribourg, l’association des grandes entreprises de commerce de détail. Son président, Jean-Marc Bovay – chef du département expansion, logistique et gastronomie de la Société coopérative Migros Neuchâtel-Fribourg –, applaudit: «La fermeture à 16 heures est devenue un point faible du canton», assure-t-il. Cette contrainte coûte selon lui un important chiffre d’affaires aux enseignes. Combien? «Il est délicat d’avancer des chiffres, car il n’existe pas d’étude sur le sujet. Mais les faits le démontrent: la tranche du samedi entre 16 et 18 heures figure parmi les meilleures heures de vente de la semaine», indique-t-il. Et de citer l’exemple de Neuchâtel, où les magasins ferment désormais à 18 heures, contre 17 heures auparavant: «C’est un succès. Et si nous parvenons à obtenir cet horaire à Fribourg, le succès est assuré lui aussi.» L’élargissement des heures d’ouverture permettra par ailleurs de créer des emplois, affirme Jean-Marc Bovay: «C’est mécanique. S’il y a davantage d’heures d’ouverture, il y a davantage d’heures de travail, donc davantage de postes.»

    Pour dynamiser la ville

    Laurent Dietrich, pour sa part, estime qu’une fermeture plus tardive permettra aux consommateurs de mieux profiter des offres de loisirs de la cité. «A 16 heures, les gens rentrent chez eux. Mais à 17 ou 18 heures, ils resteront plus volontiers en ville pour aller prendre un verre par exemple.» Et le conseiller communal de Fribourg d’insister: «A partir du moment où l’on veut dynamiser les villes, cette démarche me paraît justifiée.» Un point de vue que ne partage évidemment pas le député socialiste Xavier Ganioz (Fribourg). Secrétaire syndical chez Unia, il n’est pas étonné de voir cette hache de guerre déterrée: «C’est un exercice récurrent de la droite bourgeoise que de rajouter un épisode à cette telenovela des horaires d’ouverture. C’est fou de constater que ces gens n’ont pas retenu la leçon du dernier référendum, que nous avons gagné avec près de 58% des voix!» Il va sans dire, selon Xavier Ganioz, que le Parti socialiste s’opposera à ce projet. Et que si une majorité du Grand Conseil l’appuie, le lancement d’un nouveau référendum est programmé. Mais avant cela, le Conseil d’Etat devra se positionner: «Je suis très curieux de voir ce qu’il fera», dit le député socialiste. Sa curiosité devrait être satisfaite à la fin de ce premier semestre. Le peuple fribourgeois estil prêt, cette fois-ci, à accepter une prolongation des horaires? «Cela fait quelques années maintenant qu’il s’est prononcé; il est peut-être mûr», jauge Laurent Dietrich.

    Présidente de la section fribourgeoise de la Fédération romande des consommateurs, Nicole Bardet le concède: «Sur le principe, une ouverture prolongée améliore les possibilités d’achat pour les consommateurs. » Mais la Romontoise nuance aussitôt: «Par contre, on n’est jamais que consommateur, on est aussi citoyen. C’est pourquoi, il convient également de penser au personnel. Une telle modification légale ne doit pas se faire sans compensation.» Pour Nicole Bardet, cela pourrait par exemple se traduire par la signature d’une convention collective de travail. >>

    «Si l’on veut dynamiser les villes, cette démarche me paraît justifiée», Laurent Dietrich.

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